Time to change

Demain je n’irai pas au travail. Je prendrai un vol pour le Laos afin d’y séjourner trois semaines. Pendant ce temps, l’acte de décès de trois ans d’efforts sera signé : la société qui m’emploie déposera le bilan.  C’est un moment difficile à vivre que je ne souhaite à personne : une impression de gâchis vous envahit, les doutes se confirment et ce en quoi vous avez cru s’effondre. Pourtant si c’était à faire je le referai, je ne regrette rien. Je n’ai jamais autant pris de plaisir à aller travailler. Entre l’équipe qui m’entourait et la passion que j’ai ressenti en réalisant ce logiciel, j’ai nagé dans le bonheur. Les ailes m’en poussaient, j’adorais voir notre oeuvre progresser et avancer.  Cela ne s’arrêtait pas là, la motivation qui en résultait m’aidait à réaliser des tas d’autres choses sans rapport tout en alimentant mon inspiration. Je n’ai jamais eu autant d’idées que ces dernières années et ne me suis jamais autant investi dans mes projets. Malheureusement tout a une fin et il est venu temps pour moi de changer de travail ou plutôt de m’arrêter un instant pour penser à la suite. La phase d’introspection consistant à disséquer le passé est déjà terminée : je suis au courant depuis plusieurs mois déjà du sort de notre entreprise. Après un vidage de cerveau à l’autre bout du monde, il ne me restera donc plus qu’à aborder ce moment étrange, mélange d’excitation et d’angoisse, qui annonce un nouveau départ. Après quelques mois de réflexion et de travail à plein temps sur Newebe, je devrai choisir une nouvelle route à suivre. J’espère d’ici là trouver le bon chemin.

Un an de projet libre : bilan


Un an déjà, et oui ça va faire plus de 365 jours que je travaille sur Newebe, le premier commit de code datant du 19 octobre 2010. Je pense donc que le temps est venu de partager mon retour d’expérience sur le démarrage d’un projet libre (le premier dans mon cas) et par la même occasion de faire le bilan de cette année écoulée.

Ce qui s’est bien passé :

Ca marche. Certains diront que tant qu’il n’y a pas de sécurité on ne peut pas dire que c’est le cas, mais toujours est il que nous sommes trois à l’utiliser (3 actifs sur 5 utilisateurs) depuis plusieurs mois et que cela fonctionne plutôt bien. Du fait de notre faible nombre, l’utilisation ressemble un peu à un chat mais c’est sympa de ce dire que nous sommes bien en train d’interagir sans serveur intermédiaire.

Newebe a sa place. Pour l’instant je n’ai trouvé aucun réseau social distribué ayant la même approche notamment pour ce qui est de l’aspect mono-utilisateur. Finalement ce qui ressemble le plus à Newebe est le projet OwnCloud, un outil permettant de stocker ses fichiers sur son serveur web à la dropbox. La similarité ? On a bien une instance d’OwnCloud pour une personne. Cela vaut donc le coup de continuer dans cette direction sans avoir l’impression de réinventer la roue.

Je m’en sers. Newebe me permet de communiquer avec les autres utlisateurs de Newebe et l’outil de gestion de notes me sert tous les jours.

Newebe a un site web et un wiki complet. Ca peut paraitre ridicule, mais c’est tout de même bien que j’ai eu le temps de mettre ça en place, ça permet a quelqu’un qui ne connait pas le projet de s’informer rapidement de ses tenants et aboutissants.

J’ai rencontré des gens qui partagent mon opinion sur le sujet. Réaliser Newebe m’a poussé à écrire plus de choses sur les problèmes de vie privée liés aux réseaux sociaux centralisés. Je me suis motivé plusieurs fois à aller à quelques événements réunissant des codeurs, principalement au Loop. Au final j’ai croisé pas mal de gens qui réfléchissent à des alternatives, ce qui est plutôt encourageant.

Techniquement, j’ai appris énormément de choses. Ce projet m’a permis de faire une veille technique importante et de me mettre à la page sur les dernières tendances des technologies webs, notamment autour des serveurs asynchrones comme Tornado et Node.js, mais aussi pour les bases de données NoSQL avec CouchDB et MongoDB ainsi que pour le développement client avec Coffeescript et Backbone et enfin avec le versioning décentralisé à travers Git. J’avais pris du retard et étant motivé par Newebe j’ai pu faire une sérieuse remise à niveau sur tout ces plans.

NB : Je me suis rendu compte aussi que le choix de techno dans un projet informatique est très délicat et qu’il demande pas mal de rélexions. C’est une étape qui ne doit vraiment pas être prise à la légère. Il ne faut pas avoir peur d’écrire des prototypes dans plusieurs frameworks ou langages.

Sur l’organisation d’un projet informatique aussi. J’ai été formé avec la gestion de projets en V,  j’ai pratiqué des méthodes “agiles”. Ces deux façons de faire n’était pas toujours très convaincante mais à travers Newebe je me suis intéressé à des nouveaux concepts que sont ceux du déploiement continu, de la méthode Lean et surtout des principes de 37signals. Ils prônent le besoin de livrer et déployer le code le plus fréquemment possible pour obtenir des retours utilisateurs très vite et ainsi valider la pertinence des fonctionnalités codées. La simplicité est aussi mise en avant. En effet elle pousse à chercher des solutions plus élégantes ou directes afin de gagner en efficacité. Ceci se fait souvent au détriment du nombre de features mais permet de se concentrer sur l’essentiel et d’obtenir quelque chose de fonctionnel plus vite.

NB : J’ai également appris quelles étaient les caractéristiques d’un logiciel libre, notamment autour de la gestion de code collaborative. Ceci m’a poussé à mettre en place les outils nécessaires : dépot de code public, bug tracker, mailing list, wiki, site web, ce blog…  Mais je n’ai encore pu rien expérimenter pour Newebe pour le moment étant donné que je suis encore seul sur le projet.

Ce qui s’est mal passé :

Il n’y a pas de communauté. Certains mesurent la qualité d’un logiciel libre à la taille de sa communauté. C’est discutable mais dans les grandes lignes, ils n’ont pas tort. Un tel logiciel ne peut reposer sur les épaules d’une seule personne. D’une part ce n’est pas pensable à terme de maintenir le code en étant seul, d’autre part, cela rend le projet totalement dépendant de son initiateur. C’est d’autant plus inquiétant que ça peut signifier que Newebe ne répond pas bien au problème des réseaux sociaux décentralisés et n’intéresse presque personne.

D’un autre côté, l’aspect promotion n’est vraiment pas mon fort et j’ai de rééls progrès à faire dessus. De plus, je noircis un peu le tableau puisque nous sommes trois à nous en servir et que je suis bien conseillé par les deux autres utilisateurs.

Il n’y a pas de processus de développement et il manque beaucoup trop de tests unitaires et fonctionnels. Corrolaire du point précédent, étant seul j’ai codé à l’arrache, en empilant les fonctionnalités les unes sur les autres. Ceci est rassurant psychologiquement (j’ai obtenu un logiciel complet plus vite) mais en contradiction avec l’idée de faire du déploiement continu.  En effet pour promettre des releases fréquentes, il faut pouvoir tester toute l’appli fréquemment, ce qui n’est possible qu’avec des tests unitaires qui couvrent la majeure partie du code.
Si je souhaite accueillir d’autres développeurs, je ne pourrai leur donner une façon de procéder et surtout chacun de leur commit me fera un peu peur car je manquerai de tests pour m’assurer que rien n’est cassé.

J’ai négligé la sécurité. C’est volontaire, mais il faut bien reconnaitre que si demain je discute avec un spécialiste de la question, il risque d’être un peu dépité. De plus certains utilisateurs pourraient être rebutés par l’idée d’avoir un logiciel plus ou moins ouvert à tout le monde. Ceci a été tout de même fait en connaissance de cause, donc rien d’alarmant pour le moment.

Cela prend beaucoup de temps.  J’ai dû coder, me former à de nouvelles technos, documenter, faire un site web, faire un peu de pub, assurer le support utilisateur, mettre en place les outils… Toutes ces activités sont assez chronophages, cela demande donc de bien aménager son temps libre. J’en viens même à penser qu’il vaut mieux être étudiant pour lancer un projet libre. Je ne m’en plains pas car je me suis beaucoup amusé à faire tout ça mais c’est quelque chose dont il faut avoir conscience quand on démarre.

Et après ?

Pour la suite de Newebe, je compte donc me concentrer sur l’aspect communauté. Au delà du fait d’espérer d’avoir d’autres développeurs actifs, ce serait intéressant d’avoir plus d’avis de gens extérieurs. Au niveau des développements, je vais privilégier le partage d’images (afin de rendre Newebe plus sexy et lui donner ainsi un vrai look de réseau social)  ainsi que les tests automatiques manquants.

Enfin, même si le projet n’a pas eu le succès que j’espérais, je suis toujours content de le voir progresser, j’ai appris énormément de choses et pu mettre en application mes réflexions. Ma motivation est donc toujours aussi forte pour faire avancer Newebe.


Credits photos

photo 1 : Pauer Korde, licence Creative Commons by-nd-2.0
photo 2 : Virtual Photography Studio, licence Creative Commons by-2.0

Newebe, réseau social distribué, passe en version 0.3.1


J’avais l’impression d’avoir flemmardé ces derniers temps sur Newebe, mais en regardant la liste des commits, je me suis rendu compte que ce n’était pas trop le cas. En effet, le logiciel s’est bien complété depuis la version 0.2.0, je pense donc que c’est une bonne idée de faire une release. Cette version a déjà été éprouvée par Thatoo, mon frère et moi, ce qui implique qu’elle a un niveau de stabilité suffisant. C’est donc avec plaisir que je vous annonce la sortie de la version 0.3.1 ! (la version 0.3.0 avait un bug que j’ai corrigé immédiatement).

Donc voici ce que nous avons au menu des améliorations :

Pour l’utilisateur

  • Synchronisation avec ses contacts : si votre newebe était éteint, il suffit d’appuyer sur le bouton sync pour récupérer les messages non reçus.
  • Changement de mot de passe : ça va peut être en faire rire certain, mais il n’était pas possible de changer son mot de passe, heureusment cette fonctionnalité est désormais disponible.
  • Application de gestion de notes : étant un utilisateur insatisfait d’Evernote, j’ai ajouté une application de gestion de notes. C’est bien pratique et ça permet de se passer du “cloud” pour cette utilisation aussi.
  • Sélection : j’ai ajouté un système de sélection dans chaque application qui permet d’afficher des informations supplémentaires, un peu comme sur Twitter.
  • Interfaces plus lisibles : j’ai légèrement cleané les interfaces pour les rendres plus lisibles.
  • Impossibilité de mettre un contact avec une URL invalide : dans l’application contact, on ne peut désormais que rentrer des URLs valides.

Sous le capot

  • Meilleure separation des modules : module core splitté en core, auth, profile et contacts
  • Ajout de tests Lettuce pour les applications Notes, Synchronization et Activities
  • Mise a jour des Cakefiles des applications avec la dernière version de Teatime
  • Ecriture d’un client web adapté pour une écriture de tests plus facile.
  • Méthodes utilitaires supplémentaires : slugify, conversion de dates…
  • Code serveur porté sur Tornado 2.0
  • Code des interface porté sur Backbone 0.5.3
  • Embryon de documentation Sphinx pour le code serveur

Cette nouvelle version est vraiment importante car elle permet une utilisation complète (modulo la sécurité) de Newebe. Il supporte les coupures et toute les fonctionnalités de base sont disponibles. Et ensuite ? La prochaine étape sera l’échange d’images. En soit ce n’est pas important mais ce sera plus facile de parler de Newebe avec des screenshots contenant des images, de plus c’est une demande forte d’un de mes utilisateurs (mon coloc ;)). Mais avant de m’attaquer à cela, je vais écrire un petit bilan de l’année écoulée pour Newebe. Car oui, ça fait déjà un an que j’ai commité les premières lignes de code de ce projet !


Image originale (licence Creative Commons) : http://www.flickr.com/photos/mikebaird/323625728/

Coffeescript côté client : Teatime vs Brunch

Si vous suivez ce blog, vous savez qu’il y a quelque temps de cela j’ai écrit Teatime, une application vide en Coffeescript pour servir de point de départ à n’importequ’elle application javascript côté browser uniquement. Elle présente la structure de base pour écrire son code ainsi qu’un fichier permettant de compiler ce code en un seul fichier.

Entre temps, Brunch, un framework Coffeescript côté client s’est bien développé. A l’époque où j’ai réalisé Teatime, Brunch n’était pas très clair, ou bien je n’avais pas une assez bonne compréhension du problème pour l’appréhender. Il n’était pas satisfaisant. Mais bonne nouvelle, aujourd’hui, il fonctionne bien ! Il faut bien admettre qu’utiliser Brunch est plus clean que d’utiliser Teatime. Brunch gère les dépendances et permet de faire des imports comme en Python en Java. Ce qui rend le code plus propre qu’avec Teatime, qui lui part du principe que tout apparaitra dans le fichier final et n’a donc pas besoin d’imports. Brunch gère aussi l’utilisation de template via le moteur Eco. Enfin la console d’informations est plus classe et plus claire et surtout on se sent mieux “encadré”.

Par contre actuellement Brunch ne gère pas l’aspect tests unitaires.  Ce que Teatime fait. Mais en étudiant les sources du dépot  de Brunch, on s’aperçoit que cela devrait arriver bientôt.  Autre désavantage par rapport à Teatime, Brunch nécessite plus de configuration, même si cela reste léger.

En conclusion, je pense abandonner Teatime pour Brunch dès que celui-ci sera vraiment opérationnel. Et oui je n’en ai pas encore parlé mais la version 0.8 de brunch est buggée : le mode watch (recompilation automatique après chaque sauvegarde)  fonctionne mal et s’arrête inopinément. Toutefois, je pense que la communauté Brunch va régler ce problème rapidement.

Pour Newebe, je compte à terme passer la partie client sous Brunch. En attendant je m’exerce à ce framework, ainsi qu’à Express (un framework web serveur pour node.js) sur le projet Ponyo. Ce dernier est sans intérêt dans ses fonctionnalités, mais me permet de me former/perfectionner à Node.js et certains de ses composants que sont Express, Coffeescript, Jasmine, Coffeekup, Mongoose et bien entendu Brunch.

Be Burlesque, Le Livre

Voilà, j’en avais pas parlé sur ce blog mais, à côté de Newebe, j’anime avec des amis un site sur l’effeuillage burlesque. Au début de l’année nous avons été contacté par les éditions Du Chêne pour réaliser un livre photo sur ce thème. Après quelques mois de travail et quelques milliers d’impression (plus de 7000 exemplaires !) le voici enfin dans les bacs. BeBurlesque, Le Livre, sort demain (enfin aujourd’hui) dans toute la France. L’objectif de ce livre était de montrer les différents styles proposés ainsi que tous les gens qui travaillent autour. Je pense sincèrement que c’est réussi. Il y a plein de photos cools, de bonnes interviews et quelques textes sympas pour accompagner le tout. Pour en savoir plus allez faire un tour sur la page dédiée !

PS : Merci à tout ceux qui nous ont soutenus dans ce projet !