Facebook et Google vous regardent

Cela fait un moment que je n’avais rien rédigé sur les réseaux sociaux. Tout me semblait dit, mais voilà sur internet les choses vont très vite. L’emprise des géants que sont Facebook et Google s’est accrue à une vitesse hallucinante. Ce qui est rassurant, c’est de voir à quel point les réactions négatives envers ces deux mastondontes se multiplient (difficultés à se délogger, pourquoi Facebook fait peur, etc.). Le meilleur post à ce sujet est sans doute celui d’Adrian Short, qui si je ne connaissais pas le problème, m’aurait tout autant convaincu que cette interview de Benjamin Bayart réalisée il y a deux ans déjà.

Je profite donc de tout ces articles pour faire le point sur la situation des réseaux sociaux en abordant différents thèmes.

Addiction

Afin que les choses soient claires je tiens à préciser qu’en dehors des problèmes de vie privée, je trouve Facebook génial, Gmail génial, Twitter génial, Google génial, et tous les mêmes services du genre aussi. Je fais moi même des applications webs et suis toujours émerveillé par la qualité du travail réalisé par ces sociétés. On est bien loin des médiocres logiciels qu’on nous proposait à l’époque de l’ère Microsoft, il y a du talent derrière chacun de ces outils.

Ces applications n’ont donc pas de mal à trouver des utilisateurs. Si on prend l’exemple du réseau social, la chose la plus importante est son nombre d’intervenants (plus on est plus on partage), le plus peuplé est souvent le plus attirant. De plus sortir d’un tel réseau reviendrait à couper toutes les relations qu’on a recréées grâce à lui. Pour certains services comme Linkedin, le coût est supportable. On peut refaire un CV en ligne facilement et les interactions avec les contacts sont assez faibles. Mais pour d’autres comme Facebook cela revient à renoncer aux nouvelles de ses connaissances proches et moins proches. Tant qu’on a pas commencé ce n’est pas trop difficile de ne pas commencer Facebook, mais quand on a plus de 100 contacts actifs, quitter cette communauté devient vraiment une épreuve.

Souvenirs

J’avais parlé du fait que les réseaux sociaux constituaient une sorte de deuxième mémoire, une zone où l’on stocke tout nos souvenirs. Facebook a confirmé cette idée en annonçant son projet Timeline. Ce projet consiste à faire de votre page Facebook votre biographie. En poussant à raconter son passé, son avant Facebook, on pousse l’aspect exhibitionniste du profil et l’aspect voyeuriste de ses contacts à leur paroxysme : je sais tout de mes contacts, ils savent tout de moi… et Facebook aussi.

On remarquera sans surprise que l’annonce ne mentionne pas le décès. Certes, fournir une tombe virtuelle comporte de nombreux avantages, mais dire à ses utilisateurs que celle ci est creusée chez Facebook risque d’être simplement une idée insupportable. Ce thème est encore tabou dans les débats sur les réseaux sociaux mais j’aimerais vraiment le voir apparaitre plus souvent car il me semble assez crucial.

Délation

Sur Twitter je lisais la chose suivante : “si vous ne voulez pas que votre réseau social sache tout sur vous, alors ne lui dites pas tout”. Cela pouvait paraitre juste il y a quelques années, mais cette assertion est simplement fausse aujourd’hui. D’une part les réseaux sociaux nous sollicitent en permanence pour rentrer plus d’infos, il est donc très difficile de résister à la tentation. D’autre part nos amis en disent beaucoup sur nous (tag de photos, collègue, famille…) nos informations personnelles sont donc enregistrées sans même que l’on intervienne.

Tracking , like, +1, share…

Je pense que c’est le clou du spectacle, ce qui me fait penser que Facebook et Google doivent en savoir plus que moi sur moi même. Si vous ne vous en étiez pas rendu compte, chaque affichage de bouton like permet d’indiquer à Facebook que vous avez visité telle ou telle page. En effet lorsque je les télécharge il associe ce téléchargement à mon compte, il sait donc où je suis passé. Cela est aussi valable pour le +1 de google, le share de twitter, la vidéo youtube ou n’importe quel Google Ad. Notre navigation sur internet est devenu aussi une source de données personnelles. Nous sommes trackés non seulement dans l’univers Facebook mais aussi en dehors de ce contexte.

Les autres

On parle beaucoup de Facebook, Google voir Twitter, mais des tonnes de sites récupèrent des informations en appliquant les mêmes principes mais aussi en demandant simplement à se connecter à notre compte Gmail ou Facebook pour y collecter nos données (le fameux bouton “se logger avec Facebook”).

Les publicitaires ne sont pas en reste non plus. Chaque publicité affichée collecte des informations sur vous. Le travail est plus difficile mais par recoupement, on apprend énormément de choses. Etant donnée qu’il n’y a pas plus d’une centaine de sociétés qui publie des publicités vous comprenez que beaucoup d’informations sont collectées par une même entité.

Scalabilité

Cette concentration de l’accès à l’information que forment les réseaux sociaux demande un niveau de mise à l’échelle totalement délirant. Imaginez l’énergie et l’ingéniosité qu’il faut fournir pour gérer des centaines de millions d’inscrits qui interagissent en même temps, de même pour pouvoir analyser les données collectées. C’est fabuleux que des gens aient touvé des solutions à ces problématiques. Mais là où c’est déprimant c’est qu’au final tout ceci est stupide, on utilise la force brute pour faire transiter la majorité des données du réseau par un même canal : un peu comme si on voulait faire passer tous les courants d’eau de la planète par le même pipeline. Le réseau est par essence distribué, chaque maille du réseau peut communiquer directement avec l’autre hors là on impose à tout le monde le péage Facebook ou Google avant de passer.

Et alors  ? ou l’effet Mac Donald

MacDonald fait de la mauvaise nourriture et pourtant ça n’empêche pas des millions de personnes d’y manger. Cela n’empêche pas la Terre de tourner non plus. Se connecter sur Facebook revient un peu au même, ce réseau est bien pratique et tant pis s’ils savent tout sur nous…. Dans le fond on est bien content de suivre ses amis !  Je me fais un peu l’avocat du diable ici, mais c’est un discours que j’entends souvent et qui d’un certain point de vue se tient. Toutefois, je ne peux y adhérer, pour moi ce fichage peut être très dangereux pour chacun d’entre nous. Toutes les personnes éprises de liberté devrait se sentir agressées par le web centralisé.

Ok Facebook et Google sont les grands méchants loups mais que faire alors ?

Solution 1 : Notez les sites webs

Nous pourrions labéliser les sites webs selon leur comportement et leur tracking. Ceci permettrait aux gens de blacklister les sites trop curieux.

Solution 2 : Unhosted

Unhosted est un concept très intéressant, on peut même le dire : “C’est de la bombe !”. L’idée est de fournir des outils permettant de décorréler les données de l’applicatif. En d’autres termes lorsque vous vous connectez sur un site Unhosted, vous lui envoyer vos data sous forme crypté. Son application est capable de les afficher mais ne peut les stocker. C’est vous qui vous chargez de conserver vos données ailleurs.

Solution 3 : L’auto hébergement

L’auto hébergement consiste à installer des applications sur un serveur chez soi, en d’autres termes sur une petite machine qui consomme peu et ne fait pas de bruit. On n’accède à ses applications de la même manière que n’importequel autre outil web. C’est à mon sens la meilleure solution, son aspect distribué (chacun communique directement avec l’autre) colle parfaitement à la structure du web et les données sont soigneusement préservées à la maison. N’importe qui reste donc maitre de ses données.

Cela fait plus d’un an que je défends ce concept qui surprend souvent les gens à qui j’en parle. En effet ils ne savent pas ce que c’est et donc découvre une autre approche du web. Malgré cela personne ne m’a dit que c’est une mauvaise idée, tout le monde y adhère. La critique importante qu’on me fait porte sur les problèmes d’installation. C’est juste mais je ne pense pas que nous devons baisser les bras pour autant. En effet qui eu crût que la majorité des gens prendrait la peine d’installer Firefox tandis qu’Internet Explorer est déjà installé ? Encore combien de temps supportera-t-ton les intrusions de Google et Facebook ? L’idée ne s’est-elle pas répandue très rapidement dans les milieux avertis ?

Je me permets même d’aller plus loin en disant que  pratiquer l’auto-hébergement est un acte citoyen au même titre que soutenir les pratiques écologiques par exemple. Si on ne veut pas voir Internet se réduire à quelques sites, c’est indispensable de renouer avec les fondamentaux du web que sont la création collective, le  partage et la diffusion anonyme et privée. Réinstallons donc des logiciels peer-2-peer, abusons de Jabber, montons des salons IRC à tout va, hébergeons nos blogs à la maison, likons moins… Internet nous a permis de réaliser une fabuleuse utopie, alors s’il vous plait, ne la perdons pas !

Revue de livre : The Elements of Content Strategy

Plutôt que vous faire une revue sur ce livre écrit par Erin Kissane, je vais surtout vous partager mon désarroi à son propos. Cet ouvrage est au premier abord très séduisant : la mise en page est super clean et un mot du rédacteur en chef de ListApart,  glissé entre les deux première pages, nous ventent les mérites de l’auteur.

74 pages pour 30 dollars cela fait cher pour si peu. Avant de commencer, je me suis rassuré en me disant qu’au moins ce livre serait concis et clair, ce qui ne serait pas pour me déplaire. Heureusement, cela s’est confirmé… Malheureusement, ce sont les deux seules qualités que j’ai trouvé à ce livre. Dans l’ensemble cet ouvrage est assez creux. On nous ressasse beaucoup l’idée qu’un stratège du contenu (le thème du livre) est quelqu’un d’essentiel au bon fonctionnement d’un site de publication… Encore faudrait-il savoir quel est son rôle. Il en résulte qu’il est une sorte de coordinateur entre le marketing, le dévelopement et les rédacteurs de contenu. On en déduit que le stratège doit maîtriser un peu de chacun de ses métiers. On apprend quelques tuyaux : il faut que le contenu soit cohérent avec l’image du site, le contenu doit être maintenu (cleaner régulierement les vieux contenus), exposition du pour contre de l’outsourcing de la création de contenus, etc. Mais au final ça ne va pas beaucoup plus loin. On a surtout l’impression que l’auteur essaye de justifier l’existence d’un tel métier.

Ce livre donne l’impression d’être destiné aux spécialistes du genre travaillant dans de grosses organisations (mais il y en a-t-il beaucoup ?). Pour ma part, je pensais que ça m’apprendrait des  choses intéressantes pour Beburlesque, mais ce ne fut pas le cas : je n’ai pas été très réceptif a ce qui était dedans. Donc si comme moi vous n’êtes pas pointu sur la question passez votre chemin !


Coffeescript côté client + stylus + uglify + jasmine (suite)

Un petit post technique, qui fait suite à ce post sur Coffeescript, pour dire que j’ai bien avancé sur Teatime le template d’application coffeescript avec seulement une partie client. Désormais les erreurs sont bien mieux gérées, les tests avec Jasmine BDD sont intégrés. Enfin le mode watch (qui permet de recompiler les sources après chaque modification) ne s’arrête plus lorsqu’il rencontre une erreur, le build est relancé si une correction survient. Donc voilà, il y a sans doute des choses à améliorer mais on peut considérer que Teatime est prêt pour démarrer une application sérieuse : il ne manque rien d’important.